SIEUR de LA GUERINIERE


S’il fut un homme de Cheval qui marqua le monde de l’Equitation Classique, et dont il faut retenir le nom, c’est Francois Robichon de La Guériniére (1688-1751). Véritable artiste équestre, il inspira les plus grandes écoles de dressage classique. Ainsi, les Ecoles de Vienne, Saumur ou Hanovre se réclament de suivre ses principes.

Son livre, « Ecole de Cavalerie » publié en 1729 à paris, est devenu la Bible qui fait autorité dans le monde du Dressage.

Bien qu’il personnifiât l’Ecole de Versailles, La Guèriniére n’y fut jamais physiquement beaucoup.

Né à Essay, fils d’avocat, il travailla avec M.Geneval Monpoint Vendeuil et dut immédiatement gagner sa vie en donnant des leçons. Il reçut ses provisions d’écuyer du compte d’Armagnac en 1715 et dirigea sa propre académie, rue de Vaugirard.

Alors que sa renommée s’étendait, il fut nommé Ecuyer Royal et chargé en 1730 de diriger le Manége des Tuileries, ce qui lui value une reconnaissance mondiale de son vivant.

Ses écrits sont précieux dans la mesure où il y décrit, de façon claire, les bons principes du passé, tout en écartant systématiquement tout ce qui était cruel et artificiel.

S’il site les principes intéressants de ses prédécesseurs grecs, italiens et français, les deux auteurs qu’il admira vraiment et qui le guidèrent dans ses études et travaux, furent Salomon de La Broue et le duc de Newcastle.

De nos jours, La Gueriniére est très connue, entre autres, pour ses théses sur l’Epaule en dedans ou le Piaffer. Dont l'idée premiére vous est exposée ci-dessous...

     

Pour lui, l’importance de l’épaule en Dedans réside dans le fait quelle « prépare le cheval a se mettre sur les Hanches », elle met en valeur le cheval parfaitement équilibré, au dos très souple grâce à des hanches et des jarrets bien fléchis.

Ce type d'exercice représente donc pour lui l'assouplissement primordiale à faire executer aux chevaux avant d'aborder serieusement tout autre travail d'école, car il prédispose le Cheval au bon travail de sa ligne du dessus.

Sa définition du piaffer est d’une étonnante précision et indispensable au cavalier qui se lance dans son exécution. Ainsi, il conseille de voir « le Piaffer comme un passage dans une place, sans avancer ni reculer… Dans le Piaffer, le genou de la jambe de devant qui est en l’air, doit être de niveau avec le coude de la même jambe, laquelle jambe doit être pliée de manière que la pince du pied se lève à la hauteur du milieu du genou de la jambe qui pose a terre : celle de derrière ne doit pas se lever si haut, autrement le cheval ne serait pas sur les hanches, mais seulement la pince du pied qui est en l’air à la hauteur du milieux du canon de l’autre jambe. »

La Gueriniére étudiera de la même façon la position du cavalier aboutissant à une définition précise de la position idéale:
« Un cavalier doit avoir deux parties mobiles et une immobile. Les premières sont le corps jusqu’au défaut de la ceinture, et les jambes depuis les genoux jusqu’aux pieds. L’autre est depuis la ceinture jusqu’aux genoux.

 
 

Les épaules doivent êtres fort libres et un peu renversées en arrière, les bras doivent être pliés au coude et joints au corps sans contrainte, en tombant naturellement sur les hanches. Les cuisses et les jarrets sont tournés en dedans, afin que le plat de la cuisse soit, pour ainsi dire, collé le long du quartier de la selle.

Les jambes sont droites et libres, du genou en bas, prés du cheval sans le toucher.Le cavalier doit s’asseoir juste dans le milieu de la selle, la ceinture et les fesses avancées, afin de n’être point assis prés de l’arçon de derrière ; il doit tenir les reins pliés et fermes pour résister au mouvement du cheval. »

Cette position est encore utilisée de nos jours à Vienne, au Portugal, en Espagne, ainsi que par quelques cavaliers de dressage en France et en Allemagne.

Il est paradoxal de constater qu’au moment où la France produisait sa plus belle équitation, dans la douceur et la légèreté, l’histoire et ses militaires bouscula tous ces beaux principes… Pour défendre son amour de la haute école, La Guériniére due prétexter une préparation du cheval à la guerre, plutôt que d’être sincère en admettant que l’Art pour l’Art se devait d'être préservé.

Il relève d’ailleurs du miracle, que subissant les affres de la Révolution Française, l’Art Equestre n’est pas irrémédiablement disparu.

 

Heureusement pour nous, la plus grande partie des enseignements de l’école de Versailles ont trouvé après sa dissolution, une place permanente et sûre à l’Ecole Espagnole de Vienne et dans les principes de l’équitation académique Portugaise.